Le concombre
Comme écrit précédemment, j'ai décidé que j'en avais marre d'avoir une vie malheureuse où je me sentais mal. J'ai donc décidé, avec l'aide de ma magnanime chenille, de me bouger les fesses de la façon la plus productive possible, c'est-à-dire de résoudre les problèmes qui me sont arrivés précédemment, de me dégotter un job pour quelques mois, et prévoir un peu ce que je vais faire dans le futur.
Mais plus important encore, rentrant du cocon le plus mignon qui soit, après avoir réconforté quelqu'un qui supporte déjà beaucoup de problèmes mais se retrouve à m'aider à porter les miens, j'ai eu une envie subite.
Une envie de cuisiner.
Alors je sais qu'il y a déjà le blog d'une excellente Demoiselle/Chef(fe)/Pantouflarde vénérée qui recense de délectable recettes toutes plus superbes les unes que les autres, que ce soit en goût, en simplicité, en beauté ou en gourmandise, mais j'aimerais décrire de la façon la plus naturelle qui soit les événements qui se sont déroulés durant cette journée, en particulier le repas que j'ai préparé (avec de l'aide, tout de même, parce qu'il faudrait pas oublier que je suis un manche en cuisine, même si je crois avoir de l'intuition).
Pour commencer, j'ai fait les courses. Alors n'étant pas un vétéran des courses pour ce qui est de la cuisine, j'ai appelé ma mère pour savoir ce qu'on avait déjà et ce que je devais acheter. J'avais déjà une idée, vague, certes, mais assez forte, de ce que je voulais préparer. Je vous explique.
Premièrement, comme tous mes engagements, je commence par les louper totalement au départ. Un peu comme André Gide en 1912, qui s'est dit de mieux tenir son journal, et qui se rend compte le 8 que non seulement il n'a pas réussi mais en plus il n'a pas essayé, j'ai moi-même rechuté dans la lenteur, l'agonie et l'oubli total de moi-même et des règles de l'existence entre mon dernier message et hier. Et comme les chutes se font plus rapide plus on passe de temps à chuter par la simple loi de Newton, qui dit que tant que les forces sont en déséquilibre l'objet auquel elles s'appliquent accélère, les deux derniers jours étaient les pires et je ne me rappelle plus avoir mangé, ni bu, ni même être sorti de mon lit à ce moment. Le lendemain j'ai mangé un bol de potage et un peu de pain avec du fromage.
Autrement dit, j'avais faim.
Enfin pas faim au sens où je sentais mon ventre gargouiller, non. J'ai même refusé les tartines que me proposait ma chenille, tandis que je lui en badigeonnais deux pleines de beurre, de miel, et apparemment d'un cheveu tombé par mégarde qui m'a valu beaucoup de grognements. J'en avais pas même voulu en fait, j'avais pas faim au sens là. Mais je savais que quand je mangerais, il faudra que le repas qui me remplirait la panse sera:
-compact
-lourd
-rassurant
-BON
(Et, en fait, une des qualités qui pourtant a rendu mon dîner si excellent n'est pas présente dans cette liste. Ce sera expliqué un peu plus loin.)
Donc me voilà dans le supermarché, autel de la consommation moderne, voulant acheter - évidemment des pommes de terre, parce que bougre de bigre, c'est bon, les pommes de terre, ce même si cela me fait rentrer dans la catégorie "Florence Foresti Joke". Mon idée était donc la suivante: pommes de terres, sur lesquelles je ferais fondre du fromage, avec de la charcuterie à côté. J'ai bien évidemment acheté d'autres choses (qui n'ont pas forcément de lien), mais vous remarquerez que ce que je viens de citer comme plat suffit pour que ça remplisse les quatre qualités: quoi de plus compact et lourd que des patates arrosées de fromage fondu? de plus rassurant que cette nourriture molle et chaude, adaptée à la saison, et comment nier qu'ajouter de la charcuterie à cette débauche de calories la rend bonne? J'ai même rajouté des oignons cuits par-dessus le marché, parce que les oignons, c'est la vie.
Je pense que tout individu normalement constitué en manque de plaisir et désirant se sentir tout chaud et heureux devrait consommer quelque chose de ce type.
En fin de compte on avait déjà des patates et des oignons à la maison, je me suis donc passé de l'achat de ces denrées alimentaires. J'ai acheté autre chose, qui rejoint un peu le côté rassurant du plat que je voulais me faire, et qui a ajouté cette qualité que je n'ai pas citée.
J'ai acheté un concombre.
Maintenant, sans doute vous demandez-vous: en quoi un légume vert comme un alien et profilé comme un objet sexuel masturbatoire est-il rassurant? Mais c'est très élémentaire, mon cher Watson, le concombre, c'est bon. C'est même ridiculeusement délicieux, frais, c'est le légume de l'été et du renouveau. Celui qui n'a jamais mangé une salade de concombres frais n'a pas goûté au paradis. Et je dis ça de façon sérieuse.
Y'a une salade en Pologne qu'on appelle "mizeria", ce qui veut dire "la misère". C'est du concombre coupé en tranche avec des oignons coupés très fins, une sauce vinaigre-crème, du sel et du poivre. C'est pas compliqué du tout. C'est super bon. C'est la salade que je mangeais toujours quand j'étais chez ma grand-mère, parce qu'on la mange toujours en été, et que j'étais toujours là en été. C'est quelque chose qui me relie toujours à la Pologne quand j'en mange, voire à mon enfance, parce que mine de rien, c'est les sens qui nous donnent les émotions les plus belles, et le goût et sans doute celui qui marche le mieux dans ce sens. La madeleine de Proust m'en tienne témoin.
(J'ai toujours aimé d'ailleurs le lien à la pauvreté de cette salade. Le fait de se dire qu'on n'a pas été gâtés mais qu'on mange quelque chose d'aussi bon me remonte le moral. C'est aussi une part de l'idéologie polonaise: on s'en fout d'être riche, la réussite, c'est de faire pareil que le riche avec les moyens du mendiant)
Bref, j'ai donc acheté un concombre (qu'il repose en paix), j'en ai fait une mizeria. J'étais un peu mauvais en termes des quantités et des rapports, mais ça avait le goût recherché. Et c'était bon, rassurant, frais.
On mange aussi beaucoup de concombre en Grèce. Une salade grecque normalement engendrée comporte une grande part de concombre. Et il est indéniable que la salade grecque, qui pourtant est un bric-à-brac de concombre, de tomates, d'olives, de fêta, avec quelques tonnes d'oignons, deux ou trois mille louches d'huile d'olive et quelques filets de vinaigre grec, est délicieuse. J'irais défendre n'importe où que le concombre joue un des rôles les plus importants là-dedans, le rôle de base du plat, de thème principal de la musique "salade grecque".
TL;DR: le concombre, c'est bon.
J'ai donc préparé le concombre et les pommes de terre avec ma mère, et c'était sympa de passer du temps avec elle, même si comme d'habitude elle a passé toutes les deux minutes à retourner vérifier ses emails. On a discuté. J'ai dit que j'aimerais bien me trouver un appart, parce que je me sens mal quand je suis à la maison.
Mission donc: trouver un job pour le plus tôt possible.
Ah, et non, j'ai loupé les pommes de terre. Enfin, ma mère les as loupées. Elles étaient donc un peu dures quand on les as mangées.
Sinon l'événement de la journée est le suivant: je vois que j'ai le temps d'aller d'un arrêt de bus au prochain. Mais il arrive à l'avance, et je cours pour le rattraper. Là, mon portable se sent à la fois très triste et très rebelle, et choisit de s'exploser sur le sol. Je ramasse toutes les parts en un temps record, sauf la batterie cachée sous un pneu. Je la trouve. Je la ramasse. Je regarde le bus.
Il démarre.
J'étais fâché.
Heureusement c'était peut-être LE mauvais moment de la journée.
Quand
Quand il arrive au bout de quelques mois ou de quelques ans qu'un homme se rende compte qu'il est trop stupide pour se rendre compte à quel point il est enfoncé dans le gouffre de la bêtise, et quand il décide naïvement de s'opposer au mouvement de la gravité qui tend à l'y écraser, et quand l'inertie dans toute sa splendeur vient se rajouter au nombre des agresseurs, cet homme aura du mal à se relever.
Mais il n'est pas dit qu'il ne se relève pas ou qu'il n'en ait pas envie. Il faut cependant qu'il trouve une motivation, une raison de le faire, car c'est cette motivation qui le rendra actif, qui lui donnera la force de se débattre et d'abattre les murs qui le retiennent dans la paralysie.
Aussi j'ai trouvé cette motivation, et si je ne suis peut-être pas la loque que je crois être devenu, je ne suis en aucun cas hors du gouffre de la stupidité irrationelle, et ça fait un bout de temps que j'essaie de m'en sortir, sans forcément trouver de grands résultats.
Autant le dire simplement:
ça
va
chier.
Ca va décaper des moules, ça va balancer du pâté, ça va pisser des burnes, il va tomber des chiens en plein jour et des baleines en pleine nuit, ta mère va se remettre à jouer du banjo et sa marraine se lever du tombeau pour danser la polka parce que s'il y a une chose sur terre qui compte pour moi c'est mon ange, ma chenille, mon papillon, mon amoureuse. Et s'il y a une chose qui peut m'aider à dépasser l'état dans lequel je suis c'est ma chérie, parce que (et pour finir avec cette fomulation on ne peut plus ridicule dans la répétition), s'il y a UNE chose qui me met en rogne, c'est de voir ma chenille triste, je déteste ça, et je ne veux pas me détester moi, alors je me lève, je me rhabille, je demande à la gravité et à l'inertie de déguerpir de chez moi et de ne plus jamais y foutre les pieds.
Merde. Si j'ai commencé par un Fiat Lux, et si trébuchant, tombant, je n'arrivais même pas à accomplir ma descente aux enfers correctement, c'est décidé, je remonte au paradis, et je le fais illico.
Voilà ce qui est fini: le manque de soin, l'absence d'efforts, l'abandon et la médiocrité. Dorénavant, je prendrais soin de moi. Ce qui signifie une bonne hygiène physique d'un côté et mentale de l'autre. Je ne me prendrais plus le chou avec les affaires qui ne me regardent pas, j'évite ce que je ne veux pas faire et qui n'est pas nécessaire, et en contrepartie je fais ce que je veux dussé-je m'éborgner les genoux ce faisant. Je prends à nouveau le temps d'écrire, j'aère, je bouge, même si c'est en gigottant de façon ridicule sur une musique que je suis probablement le seul à connaître de mon entourage. Ca plus une ribambelle de choses que je préfère ne pas étaler ici.
Ceci est une déclaration d'indépendance contre moi-même et ma paresse. Et elle a intérêt à se barrer si elle veut pas se prendre une bonne baffe.
Référence voulue.
Post-Oméga
Par où commencer.
Par la fatigue qu'a la gaine de voir son ancien coutelet croire que tout se passe comme avant qu'elle croise son nouveau coutelet?
Par la fatigue qu'a vache qui voit que son veau ne produit pas de lait?
Par la fatigue qu'a le cul-de-jatte d'attendre le pied-bot?
C'est par ces fatigues-là qu'on commence. Mais aucune de ces fatigues ne peut continuer. La fatigue qui continue, c'est la fatigue du coutelet qui ne sait ce que veut sa gaine, la fatigue du veau qui ne peut satisfaire sa vache, la fatigue du pied-bot qui suit le cul-de-jatte dans ses sentiers secrets.
Et ces trois fatigues, ce sont les miennes.
Ne m'en voulez pas si je n'écris pas. Je suis... fatigué...
Chanmé
Aujourd'hui était une journée chanmé qui a commencé de façon chanmé et qui a continué de façon chanmé et l'est resté jusqu'à la fin.
Aujourd'hui était LA journée qui explique l'inanité des journées précédentes voire du mois précédent voire du trimestre ou du semestre. Et à un nombre de degré trop grand pour être raconté ici en entier. Je vais donc me contenter de la première partie.
Aujourd'hui je suis allé à Europapark pour la deuxième fois de ma vie et la première fois depuis 5 ans. Et cette fois-ci j'ai payé avant d'entrer. Je me suis amusé comme je ne me suis amusé que très rarement dans ma vie, il n'y a pas eu de temps mort, pas de nostalgie, aucun de ces instants profondément tristes où je regrette l'une ou l'autre action passée des dix dernières minutes et/ou années. C'était à priori une journée parfaite que j'ai passée avec une amie, son cousin, son frère et sa petite amie ainsi que la soeur de cette fille et une amie de cette dernière.
J'ai joué aux auto-tamponneuses pour la cinq et sixième fois de ma vie. Et je pourrais être fou de rage à l'idée que ce ne soit que maintenant que je ne puisse y jouer, mais à la place de ça, je suis fou de joie parce que j'ai enfin pu en profiter, et que c'était bien.
J'ai commencé et fini ce voyage par le Blue Fire, et j'ai pu passer au premier rang de ce dernier ainsi qu'au Silverstar. J'ai cru mourir plusieurs fois et ça n'a fait qu'aumenter mon allégresse. J'ai été en forme aujourd'hui, une pêche d'enfer avec une fatigue qui m'a prise pourtant aux alentours de treize heures et qui ne m'a pas lâchée depuis.
Il est six heures du matin. Il n'y a pas eu de soirée ni d'alcool, parce que l'autre événement de la journée n'a aucun rapport direct avec le premier, si ce n'est qu'il s'est déroulé avec plus ou moins les mêmes acteurs.
Et je n'irais pas dévoiler en long en large et en travers ce qui s'est déroulé parce que l'amie en question me lit ici et saura de quoi il est question. Elle ne sera peut-être pas à même de savoir à quel point ce qui s'est passé est positif.
Il n'empêche qu'aujourd'hui a été une belle journée, ne serait-ce que grâce au soleil.
Je m'en souviendrais longtemps.
Ca me laisse froid
Police: Andale Mono.
Un article non pas en réaction de ce que je viens de lire, mais prévu aujourd'hui à la suite d'une réflexion en apparence simpliste à laquelle je ne peux m'empêcher de trouver de nouvelles profondeurs. Une image, une métaphore qui ne me serait sans doute jamais venue si je n'avais pas lu Nadja de Breton ce week-end, chose qui ne serait jamais arrivée si ma mère, auparavant, n'avait pas voulu utiliser mon ordinateur pour taper les remarques de ses élèves dans les bulletins électroniques, ce qui n'est dû qu'au fait qu'elle avait demandé à ma soeur de les taper sous la dictée, ce qui vient du fait que son ordinateur est un qwerty contrairement à mon azerty et que ma soeur n'est pas une claviériste polyglotte, mais surtout de ce que ma mère ne sait pas taper au clavier suffisamment vite à son goût et qu'elle ne montre aucun entrain pour acquérir cette compétence, ne profitant même pas de l'occasion comme d'un bon exercice; mais après cette énumération de causes et de raisons alambiquée au possible, et dont le but premier n'était pas de vous lasser mais d'imiter un certain Jacques, personnage créé par l'ami Denis, je vais m'empresser d'expliquer en quoi consiste cette image qui m'est venue subitement aujourd'hui, alors que je mangeais une glace.
(Rassurez-vous, contrairement au guignol d'au-dessus, je ne vais pas raconter comment j'ai connu l'amour.)
Voici donc l'image risible en apparence: la glace. A quoi peut-on la comparer? Passons les références scabreuses et cherchons immédiatement du côté de la philosophie la plus absconse et la moins formelle qui soit: en effet, les images sont rares dans ce domaine fait de réflexions intenses. Réfléchissons un instant; mais comme la réflexion est lente et ennuyeuse, vous pouvez également imiter ma méthode d'inspiration subite et immédiate, captant instantanément l'idée en marche:
Une glace est comme la vie.
Formidable, dira-t-on. Il s'improvise prophète. Le froid lui a mordu la tête, à moins que la fatigue n'ait détraqué ses nerfs, bref, il n'est pas en état d'avoir la moindre discussion cohérente, on l'a vu plus haut, avec sa diarrhée rhétorique. Avant de juger de mon état mental (et de tirer des conclusions trop vraies pour être réelles), imitez cet exercice sur la comparaison faite entre la glace et la vie.
La vie est comme une énorme glace colorée servie dans un cornet, que l'on dévore par temps chaud, dont la multitude infinie de parfums divers constitue les expériences et les chemins que peut vivre un homme.. Il est impossible de ne pas la manger, sans quoi elle fond et on n'en profite pas, cependant la glace finira quand même, au même titre que la vie passe qu'on la consomme ou non. Il convient donc de s'attaquer à ce mastodonte de couleurs et de saveurs diverses, dont l'essence est la fonte, c'est-à-dire la disparition de la matière: ainsi, tout comme la vie, la glace est fugace. Elle est indifférente également, au même titre que la glace est froide, ce qui fait un point commun douteux mais poétique et finalement véridique. Ce froid est une des raisons du paradoxe de la vie: pour en profiter, il faudrait avoir le temps de découvrir chacun de ses aspects, or cela est tout à fait impossible, car la glace fond et sa taille est telle que beaucoup de morceaux tombent, s'écrasent, entraînant avec eux une ribambelle de parfums; pour chaque parfum goûté, on en compte cent mille qui disparaissent. Si l'on veut donc essayer chacun de ces aspects, il faut réussir, par une science infinie dont je ne connais pas le secret, de garder la cohérence de chaque partie de la glace, chose probablement impossible, en léchant rapidement sa périphérie, en lappant chaque goutte qui chercherait à échapper à nos appétits voraces d'expériences à vivre. Or ainsi, il est impossible de profiter correctement de cet objet exquis que peut être une glace, d'autant plus qu'il peut s'avérer que certains goûts sont loins d'être agréables à tous; et on sait comment se solde une dégustation trop rapide: par le dégoût d'une part, la frustration de l'autre, et un mal de tête et de gorge pour finir, sans compter l'éventuel mal de ventre qui touche certaines personnes et le mal de dents pour ceux qui les ont sensibles. Donc la seule manière d'apprécier la glace (et la vie) est d'effectuer des choix d'expériences à vivre; c'est évident mais ça renforce cette comparaison que je cherche à défendre. Arrivé au cornet, c'est-à-dire à la "maturité", si un tel concept existe, les choix se font plus rare: la structure qui nous entoure est plus forte, et je ne parle pas que de structure sociale, mais de toutes limites aux choix que l'on peut faire, depuis les limites physiques et les limites intellectuelles - ces deux types de ressources se rabougrissant avec l'âge - aux limites imposées par les moeurs, la technique, le temps ou l'occasion, la vie plus ou moins stable - au sens de peu changeante : un sdf n'a de situation "stable" que dans ce sens... Ces limites, pour certains, rajoutent un intérêt, un croquant à la vie, tandis que pour d'autres il peut limiter sa qualité tout comme il limite leurs expériences. Et plus le temps passe, plus le cornet s'amoindrit, ainsi que le nombre d'expériences potentielles, jusqu'à la fin du cornet et la destruction finale de la vie, dans lequel il est possible de trouver parfois le trou noir chocolat.
*(Il faut noter vivement que les concepts de maturité et d'immaturité d'ici signifient surtout l'opposition entre la pluralité des choix d'une part et leur limitation d'autre part, et non pas un certain âge de raison ou une entrée dans un âge adulte/une société quelconque.)
Cette métaphore présente évidemment des limites: elle semble nier la liberté humaine à partir d'un certain moment de sa vie, qui se trouve au cornet, ce qui ne va pas forcément contre ma pensée. Par contre, elle semble en outre donner l'impression que quel que soit le chemin suivi en début de parcours, la fin de la vie sera la même; or il me semble que c'est une idée absurde; il conviendrait mieux de parler d'une étoile faite de cornets de glace dont le coeur serait formé de crème glacée et dont les extrémités seraient les cornets, et dont il n'est possible de sortir que par un unique cornet; au demeurant, au fur et à mesure de la dégustation qui commence au centre de cette étoile glacée, le reste lui aussi fond, et il n'est pas possible de les goûter sans qu'ils soient concommitant aux derniers parfums absorbés. Le nombre de cornets possibles m'est, à vrai dire, indifférent; et l'image, qui présente des limites comme toutes les métaphores, n'en conserve pas moins une cohérence et une part de vérité certaine.
Je préviens: cette note sera longue. Pour faciliter votre lecture, je vais la séparer en trois parties distinctes grâce à des polices de caractères différents, dont je serais incapable de dire si elles sont bien choisies pour le sujet qu'elles traitent. Par exemple: la police que j'utilise ici est plus grande que celle que j'utilise avant, alors que ces propos sont beaucoup moins importants à mes yeux et que l'image de la glace-vie va sans doute résonner plus longtemps dans ma mémoire que ce paragraphe, mais la taille des caractères utilisés semble montrer l'inverse, en mettant en valeur cette insignifiance purement formelle et donc indispensable à la compréhension du fond de ma pensée.
Police: Comic Sans MS
L'histoire que je vais raconter n'est pas profondément intéressante et peut choquer ceux que choque Rabelais.
Comme aucun imbécile ne peut être choqué par Rabelais, ne comprenant pas la moitié de ce qu'il écrit, et que toute personne soi-disant intelligente étant choquée par Rabelais ne mérite pas ce titre autodécerné ni le respect qu'elle pourrait attendre de moi en vertu de celui-ci, je me contrefiche de savoir qui sera ou non choqué par mon histoire.
Si par contre le style est choquant par sa lourdeur, sa maladresse ou sa grossièreté stylistique, et non pas par les thèmes abordés ou le vocabulaire possiblement scatologique que je risque d'employer, alors je présente toutes mes confuses et prie au plaignant de m'excuser.
Sachant par avance cependant qu'il est tout à fait possible qu'un imbécile se perde à critiquer un style qu'il trouverait choquant, sous prétexte de ne pas s'être reconnu dans la première catégorie, je suis à même d'invectiver violemment toute individu se disant capable de juger de la qualité de mon écriture pour peu que l'envie m'en prenne, ce qui signifie à peu près n'importe quand.
Ceci était un avertissement probablement inutile servant à remplacer l'ensemble des avertissements que l'on trouve sur les dvds récents et qui peuvent prendre parfois plus de temps que le passage que l'on désire regarder lui-même, et qui dans cet esprit sera plus long, sans le moindre doute, que l'anecdote que je vais vous raconter.
Dernièrement, l'interrupteur de mes toilettes s'étant cassé, j'ai pris l'habitude de devoir faire la plupart de mes besoin dans le noir le plus total, ce qui change au moins une habitude caractéristique de tout être masculin. Cet événement m'étant désagréable au possible, j'ai pris l'habitude dernièrement de passer parfois aux toilettes dans mon propre lycée, toilettes au demeurant loin d'être propres, ce qui me permet d'économiser un certain temps ainsi qu'une proportion d'eau non négligeable que je m'empresse de réutiliser dans les bains dont je profite. Or aujourd'hui, pour la n-ième fois, je passe aux cabinets les plus à gauche (ceux où il n'y a jamais de papier, que je dois prendre dans la cabine voisine, mais c'est également les plus propres), chie deux pavés de la taille d'un sandwich chacun, très cohérents donc tachant de façon minimale l'intérieur de mes parois anales, réduisant la longue période d'essuiement prévue en un court moment d'hygiène corporelle et me permettant de fuir l'ignoble cabine en un temps record.
Je ne sais pas vraiment comment expliquer la suite, je vais faire bref: un individu de classe Lycée entre dans les cabinets dont je viens de sortir, en discutant avec un ami qui lui va se satisfaire aux urinoirs, qui plus des canivaux au bords d'un mur de céramique dont il est impossible de tirer la chasse et qui dégagent une odeur d'urine écoeurante. Et, inévitablement, la phrase suivante est prononcée: "Putain, ça sent trop la merde".
Je crois que j'ai eu une réaction fortement anormale. Ni l'un ni l'autre ne savait que je sortais de ces cabinets (dont il est normal qu'ils sentassent les sels s'ils venaient d'en accueillir deux grands spécimens), et à vrai dire, cela n'aurait pas influencé ma réponse, qui fut le sourire satisfait de celui qui a enfin emmerdé quelqu'un de manière littérale.
Je ne crois pas qu'on puisse expliquer ces plaisirs scatologiques sans se perdre dans des divagations psychanalytiques auxquelles je n'entendrais sans doute rien, passons donc à une histoire fort différente.
Police: Arial Black
J'ai lu Nadja d'Homme Breton.
Ai-je besoin d'en dire plus? Ce livre fait partie des fleuves auxquels je retournerai souvent.
Je l'ai à peine effleuré et je suis loin de le connaître assez. Mais je l'aime.
Je l'aime.
Je propose d'arrêter là. L'Arial Black a servi son utilité.
Cut/Uncut
Police: Impact.
Il fut un époque, mes cheveux étaient plus longs que ceux de ma soeur.
Ca donnait ça:
Aujourd'hui, je me les suis coupés.
Ca donne ça:
(Désolé pour la qualité de l'image, ma webcam n'a pas changé de qualité)
Et donc oui. Ca fait bizarre. Ca fait dix ans que je ne vois pas mes oreilles sans dégager une masse de cheveux.
"C'est pour surprendre une dernière fois les profs?" m'a fait la coiffeuse. Non, c'était plus parce que j'en avais marre de la touffe dont j'étais incapable de m'occuper correctement.
Quoi qu'il en soit, ceci est une note courte; je n'ai pas envie de dire autre chose aujourd'hui. Un contenu faible, mais je vous ai donné des images, alors zut .°{
Random
Idées tirées d'une discussion avec un ami.
Le sujet était simple au départ: quelques remarques sur ce qu'était un mâle alpha. Etant mathématiciens par moments par moments, et tentant de jouer sur les mots, nous nous sommes quelques peu livré à ce sport extrêmement dangereux qu'est la pataphysique. Ainsi, lui-même s'était défini comme un mâle lambda, tandis que je remarquais qu'il n'y avait pas de grande différence entre un mâle alpha et un mâle bêta, vu leur distance alphabétique. Cependant, il y a des degrés de ratage plus ou moins importants, et le mâle bêta n'est qu'un d'entre eux: on trouve ainsi par exemple le mâle epsilon, celui qui tend vers zéro, et le mâle oméga, qui n'est pas celui qui s'adresse à ses amis de façon emphatique en insistant sur le fait qu'ils sont ses gars à lui, mais plutôt le dernier des derniers. Et puis, pourquoi s'arrêter aux lettres grecques? La réponse est simple: un mâle x, vraiment? vous voulez qu'on vous le décrive?
Cette conversation, elle est tirée du fait que j'ai lu sur un forum aujourd'hui un topic sur "les mâles alpha", dont la principale caractéristique était d'oublier que l'idée générale, c'est quand même un M.Muscle fort et indépendant, même si je reconnais que l'intelligence et la gentillesse soient des qualités tout à fait utiles. Enfin, je les place juste difficilement avec l'idée de "mâle alpha" commune, c'est tout.
Mais pourquoi j'ai lu ce sujet? J'ai aucune inquiétude vis-à-vis de ma musculature superbe(ment inexistante) ou de mon autorité absolue(ment nulle), sans parler de mon fort pouvoir d'(anti)séduction sur les femmes. Mais j'ai lu, cet après-midi, une affiche publicitaire pour l'Equipe, ce journal sur le sport, qui ressemblait à ce genre de listes à la fois idiotes et divertissantes qu'on trouve plutôt sur internet, recensant les bienfait de telle ou telle chose, mêlant ce qui se voudrait de l'humour et ce qui est crédible. Celle-ci en recensait cinquante, parmis lesquelles "parce qu'on ne peut pas emmener la télé aux toilettes", "parce que vous détestez le foot et que vous voudriez pouvoir le critiquer", "pour le badminton. On plaisante, bien sûr" (ce dernier ayant attiré mon regard, étant donné que J'AIME le badminton). Et que j'ai été étonné de l'absence de machins machistes type mâle alpha, justement. Enfin, ça m'a pas donné envie de le lire non plus: déjà que j'aime pas la page sport des journaux habituels, sachant que dans celui-ci il s'en trouve 17 de plus...
Bref. C'est quoi un mâle alpha? Dans les sociétés animales, il s'agit du mâle dominant, celui qui se tape les femelles, qui protège la meute dans certaines espèces, qui chasse dans certaines espèces (pas les lions, vu leur flemmardise) etc, etc... globalement, celui qui a les gonades qui produisent le plus de testostérone. Chez les hommes, si cette notion a encore un sens, elle recouvrirait donc les hommes très séducteurs, généralement musclés (parce qu'il faut un minimum corporel pour dominer), toujours confiants, toujours entousiastes. Enfin bon, des gens qui n'existent pas, parce qu'on les prend vite pour des gros crâneurs désagréables. On est comme ça, les humains. Nos vrais mâles alpha doivent être charismatiques plus que forts, des leaders maniant la parole plus que le sabre ou le pistolet. Ils doivent avoir l'apparence d'êtres solides, les caractéristiques physiques ont perdu une certaine partie de leur importance, même si elles peuvent faire la différence entre certains alphas de degré différent.
Et puis bon. Faut avouer un truc: tout ça, on s'en fout un peu.
Au départ, je voulais continuer à parler de robots, dire ce que je trouve de charismatique dans l'idée même de parler de robots, et tout ce que j'aime qui est associé à l'idée de robots; partager entre autre des liens vers une bd où figurent des robots, avec d'autres choses formidables sur les robots, dont Isaac Asimov et ses robots, et ses règles de la robotique et ses robots, et ma mère et son robot-cuisine qui déçoit fortement les espérances qu'on peut avoir à mon âge sur les robots au vu des progrès récents de la technique (à savoir que nous n'avons pas de robot. Ah, et que le robot des sims est toujours inexistant. What a shame)
Seulement, il est minuit trente. Je suis pas un robot moi. Je suis fatigué.
Vox populi, vox dei
A l'extrême majorité, il a été décidé que je continue mes élucubrations claviéristes...rales... au clavier. Tant mieux? Tant pis? Je sais juste que le son était effectivement pourri, ce qui ne m'empêchera pas de vous montrer probablement de temps à autre l'une ou l'autre vidéo. Ce ne sera pas le principe de ce bjournal en tout cas.
Cette entrée a été motivée par plusieures raisons. La première, la mort cérébrale qui m'a touché dernièrement, qui n'est pas une vraie mort, mais le principe d'avoir la tête à certaines activités qui m'empêche de porter la moindre attention à une autre activité. D'après les médecins, il y a une limite de 7 choses auxquelles on peut penser en même temps, mais j'avouerais que j'ai pas les possibilités d'y faire figurer le décompte de ce que je fais. Inutile de faire mention de l'indisponibilité des ressources mentales pour écrire sur le bjournal pendant ce temps; mais cet état des choses est terminé, je n'ai plus de colles d'ici à la fin de l'année aux dernières nouvelles. Avec une chose en moins, je peux donc rajouter une nouvelle, qui est cette écriture.
La deuxième, qui est en fait plus importante, et qui a produit le sujet de cette entrée, est la lecture que j'ai faite du seul blog encore tenu par mon lectorat, qui m'a rappelé une idée que j'avais eue lors d'une sieste bien méritée au cdi, en attendant mon latin, après une des nombreuses nuits blanches que j'ai passées cette année. Or, si vous n'avez jamais eu le plaisir de rêver en plein CDI, je peux vous dire que c'est très agréable, même si vous ne dormez qu'une demi-heure. Bref. Je ne me souvenais plus du rêve que j'avais fait, mais comme j'étais encore somno-lent, j'eus quelques idées sur une planète particulière dans un univers de science-fiction.
La planète est un aggrégat de métal, vieilles carrosseries de vaisseaux, restes de bâtisses, robots rouillés. Une sorte de dépotoir géant peuplé par des machines encore plus ou moins conscientes, qui s'y trouvent bloquées, étant rejetées dans ce monde par les humains qu'elles vénèrent ou haïssent, mais dont elles ont perdu toute connaissance avec leur arrivée dans cet endroit vide de toute ressource pouvant les faire fonctionner. Seuls certains types de robots qui utilisent certaines énergies "survivent"; et il arrivent que des événements cosmiques fassent renaître quelques centaines de robots, l'explosion d'une supernova rechargeant les batteries lumineuses, un champ magnétique extrême venu d'on-ne-sait-où qui alimenterait les piles à induction électromagnétique... qui au demeurant n'existent pas et qui aurait plus de chance de détruire les circuits électriques des robots. Mais soyons clairs: cet endroit n'est pas réaliste, que ce soit d'un point de vue purement scientifique, ou même au sens de la science-fiction. Pour l'instant, le cadre est donc celui d'une zone quasi-intemporelle, peuplée de machines hétéroclites au fonctionnement fantaisiste.
Insistons sur le terme fantaisiste. Cette idée m'est venue lorsque je réfléchissais à nouveau à certains idéaux quasi-positivistes avec l'espoir de l'arrivée de la singularité, ou singularity point, grâce auquel l'homme fusionnerait avec la machine et dépasserait ses limites, voire se transformerait et serait remplacé par les machines; et j'avouerais que vu l'état dans lequel on plonge la nature, ce ne serait guère étonnant qu'on choisisse ce genre d'alternatives .Entre vivre éternellement et se faire détruire par la nature et sa disparition, le choix est rapide je pense. Or je m'étais demandé - dans la fraction de seconde qu'a duré mon raisonnement, sachant qu'après il ne s'agissait que de le formuler avec des mots au sein de mes pensées - comment pourrait-on avoir du goût dans un univers pareil? Y'aurait-il une sorte de sens qui serait développé par les machines qui donnerait un "goût" à l'électricité selon sa provenance (peut-être être distinguée selon sa provenance? sans doute pas toujours, mais qu'importe, j'étais pire que si j'avais été ivre, et le réalisme est déjà parti mille ans de ça). Comme mentionné plus haut, cette idée n'est restée qu'une demi-seconde dans mon crâne avant de s'effacer, remplacée par une autre, légèrement plus choquante: est-ce qu'un robot pourrait avoir la foi?
Dans la généalogie de l'idée, cela avait commencé par cette idée de robot messie qui serait persécuté par les humains/les robots (enfin, les autres, comme tous les messies) et qui se battrait pour une société secrète afin de sauver (au choix) le monde/l'humanité/la robocité/les pingouins à pois bleu/les ornithorynques affables. Le principe était d'abord un jeu vidéo, action-RPG avec possibilité d'améliorer son personnage au fur et à mesure, soit dans une direction plus pieuse (qui impliquerait certaines actions et limitations, on est pas tous messies sans rien faire, zut), soit au contraire plus technologique. Et le principe, c'est que le robot prenant la direction pieuse pouvait accomplir des miracles.
D'une manière tout à fait crédible, cette idée a été rejetée assez vite, voyant que je tenais ici la base pour quelque chose de beaucoup plus riche qu'un nouveau action-rpg reposant sur un dualisme magie/technologie du style Arcanum dont je copierais exactement l'histoire, qui est en réalité un des topos de ce type de jeux. Je tenais là un monde qui pouvait être développé, à partir d'une dichotomie entre des machines qui verraient le plus grand intérêt dans la survie à tout prix, quitte à remplacer des parties de leur mémoire, voire de leur personalités pour survivre, en échangeant par exemple des mémoires physiques avec des robots "morts" (l'équivalent serait changer de disque-dur sur un ordinateur), avec des machines qui elles voueraient un culte à l'individualité, à leur existance propre, et qui refuseraient de perdre ce qui les différencient des autres, quittes à "mourir". J'ai senti dans mon demi-sommeil que je touchais ici quelque chose de légèrement plus profond que mon idée première.
J'avais donc en tête différentes histoires avec différentes communautés robots à différentes époques du tas. Avec le cadre que je m'étais fixé au départ je n'étais même pas limité par un déroulement chronologique, car il est possible que le tas soit inactif durant des millénaires et se réveille brusquement quelques années. Il est possible qu'il soit resté actif des centaines de milliers d'années de suite également. La taille du tas peut être variable, tout comme les événements prétendûements historiques qui s'y déroulent: après tout, il est possible qu'il en existe plusieurs, comme il peut bien n'y en n'avoir qu'un, mais avec tant d'années d'écart qu'il n'y aurait aucun rapport cosmique. La taille du tas, qui aurait pu être utilisée comme "mesure" de son ancienneté, pourrait diminuer en cas de recyclage soudain d'une de ses parties, en cas d'exode de robots qui auraient fui en masse, dans une période où c'était possible et par des moyens quelconques, et n'indiquerait donc en rien une progression dans le temps.
Voilà donc où je m'en étais arrêté. Après avoir eu ces idées géniales, j'ai gardé le bout de papier dans un coin, où j'ai décrit ce qui se passait là-bas, et qui commence par "Bon alors. Des robots".
J'avais décidé, je crois, d'avoir les robots "immortalistes" étant les "technologiques" (leur intérêt étant dans la survie) et les robots "unicistes" étant les "religieux" (en vertu d'une quelconque divinité pas forcément unique ou juste d'un "principe universel" au sens Auguste Comte - L'âge métaphysique et l'évolution face à l'âge monothéiste, dans une version probablement plus sotte et moins réfléchie que lui. Mais je ne cherche pas à empiéter sur ses plates-bandes). J'hésitais encore à fournir des miracles aux robots unicistes. Et puis je me suis dit: pourquoi pas. Et pourquoi pas ne pas, non plus.
Ceci n'est donc pas tant une histoire qu'un cadre narratif et qu'une expérience de pensée, qui a pour origine une divagation mi-onirique mi-consciente. Car le principe de conserver une personalité, un individu au sens être sans corps m'est déjà venue: j'avais imaginé le transfert d'un homme sur une machine (et, soit dit en passant, qu'un abruti appuie sur "copier" plutôt que "couper" lors de l'opération. Hilarity ensues), et avec les progrès techniques et d'autres idioties du même genre il semblerait que c'est de plus enplus crédible que de tels sommets soient atteints dans le futur. Certains hasardaient 40 ans, mais je crois que malgré toute la bonne volonté du monde, on en est encore loin, et que c'est peut-être tant mieux. Parce que j'ai tellement peur de disparaître que je risquerais de tenter l'expérience. Enfin bon, mes divagations quasipositivistes s'arrêtent là. J'espère avoir donné une idée très floue de ce que je voudrais faire de ce que j'ai imaginé, et sur ce vous souhaite une bonne journée.
Vidéoblog?
Ceci est un appel à témoin, sans s étant donné le nombre de ma lectrice. Je propose la chose suivante: je suis capable, avec un programme gratuit et légal obtenu sur internet, d'enregistrer des vidéos de qualité somme toute acceptable à condition d'être correctement éclairé et d'articuler suffisament bien, étant donné que même avec la meilleure qualité de son que je peux obtenir grâce à mon programme elle reste tout de même relativement médiocre.
Le principe est donc le suivant: cela intéresserait-il quelqu'une de ne pas avoir à lire 50 pages de texte en écriture taille 8, serré et rempli d'erreur, ou préfèriez-t-elle que le principe reste le même, du moins sur ce blog?
(Après tout, le deuxième est ouvert depuis plus d'un an même si aucun article n'y est encore paru)
Pour donner un exemple, voici les deux tests,le premier avec une mauvaise qualité sonore, le deuxième avec une qualité qui le rend audible:
Voilà. Je ne sais même pas à quoi ressemble encore cette chose sur le blog, je verrais donc. J'espère que vous n'auras pas à regarder les publicités stupides et mal ciblées qui me sont passées sur la vidéo chaque fois que j'ai tenté de les regarder @_@
That's all, folks!
Cellulaire
Voici la journée d'un certain Luminox.
Luminox s'est réveillé vers 6h45, quand sa mère est venue lui dire qu'elle ne l'amènerait pas au lycée ce jour là. Il reste donc au lit jusqu'à 7h, se lève, prend quelques vêtements et une paire de tongs puis prend sa douche. Dans sa douche, après s'être lavé, il reste encore deux minutes sous l'eau chaude avant de sortir, de sécher d'abord lui puis ses cheveux, de laver ses dents, préparer son sac et de sortir à une minute de l'arrivée de son bus. Marchant cinquante mètres, il arrive pile au moment où son bus s'arrête, une prouesse qu'il n'a ratée qu'une seule fois, quand son portable était à la mauvaise heure, une excuse qu'il se donne pour justifier sa soi-disant impeccable ponctualité. Dans le bus, il lit le dossier de sociologie qu'il était sensé apprendre pour le jour même: il a une colle le soir avec son professeur, celui qui est particulièrement désagréable quoi qu'il arrive, et il était légèrement le dernier élève de cette matière au premier semestre. Arrivé, il a lu deux pages sur 56. Il sort donc à la gare, descend pour le tram, où il attend une amie à laquelle il veut raconter son bonheur de la veille: il est passé sur le day9daily, funday monday, parce qu'une de ses parties de starcraft ont été sélectionnées pour être commentée parce qu'elle était assez intéressante et drôle, et qu'il en est assez fier. Celle-ci arrive en retard, donc quinze minutes après son arrivée à lui, et avec un ami qu'il ne connaît pas, qu'elle présente donc, et il oublie par conséquent tout ce qu'il voulait dire. Dans le tram, une autre amie arrive (inattendue), et ils avancent vers leurs cours, en arrivant quelques minutes avant le professeur.
Deux heures d'histoire passent.
Pause courte: il va donc en latin, dans le bâtiment d'en face. Il rencontre une des latinistes qui est partie des 4 heures hebdomadaires aux 2, parce qu'elle se sentait d'un niveau trop faible. Puis latin.
Deux heures de latin passent, mais sans la vitesse absurde des cours d'histoire. Il discute quelque peu avec sa voisine, apprend qu'elle s'est fâchée avec un ami proche après lui avoir fait remarquer son agacement et son état pensif, devine de qui il s'agit et refuse de s'en assurer, afin de ne pas être trop invasif. La classe corrige donc la version latine qu'il avait, lui, réussi, contrairement aux 3/4 des latinistes, ce qui l'avait rendu fier. Et deux heures passent à peu près à cette vitesse.
Vient alors l'heure de manger. Il discute un peu avec ceux qui le côtoient alors, sauf deux, absents pour des raisons inconnues. Une discussion sur le comportement d'un des membres du groupe, qui est passablement agressif/susceptible pour des raisons inexistantes, puis des remarques vis-à-vis de la professeur d'allemand aux décisions absurdes, des échanges de nourriture (une part de tarte contre une entrée à l'apparence étrange), et finalement la sortie de la cantine. Quelques petites paroles échangées plus tard, mauvaise nouvelle de la journée: un devoir supplémentaire en anglais pour le lendemain à l'improviste, sur un texte qu'il n'est pas sûr d'avoir. Une bonne nouvelle également: il est possible qu'il passe avec un autre professeur en colle, un qui n'est pas plus agréable mais qui donne des conseils très utiles et qui lui ont fait comprendre la logique à appliquer.
Une heure de mathématiques passe.
Deux heures de sciences sociales passent.
Il choisit de passer en dernier pour sa colle de sociologie, afin de lire les 54 pages qui lui restent à travailler. Il va donc au cdi, après la deuxième bonne nouvelle: il passe effectivement avec l'autre professeur. Luminox est donc très content.
Il lui reste une heure pour travailler son dossier. C'est là qu'il se réveille totalement pour la première fois de la journée: il lit à une vitesse phénoménale, arrivant à apprendre en même temps les termes définis - du moins, suffisament pour pouvoir les réutiliser l'heure suivante, et qu'à la prochaine relecture, plus calme, il puisse se les approprier véritablement. Mais cela prend encore trop de temps, et une âme généreuse lui fournit le dossier avec les parties importantes surlignées; ce qui signifie qu'il n'a plus que 80% du dossier à lire, une économie non négligeable.
Une demi-heure de lecture passe.
Deuxième et meilleure nouvelle depuis le début de l'année: sa colle est annulée, le professeur en question est absent.
Luminox saute de joie, ne trouve personne devant qui se vanter, finit pas décider de rentrer chez lui.
Il achète au préalable une tablette de chocolat qu'il devait offrir comme gage à une amie depuis un certain temps, comme sa bonne humeur l'a rendu généreux dans la mémoire de ses dettes, et court pour attraper le bus qui arrive à la gare 1 minute pile après lui. Au passage, il bouscule - c'est-à-dire frôle - une dame dans l'escalator, face à laquelle il s'excuse, puis jure quand elle continue à l'invectiver, étant assez pressé/stressé comme il l'est: il ne sait pas à quelle heure passe le bus, le prochain est 45 minutes plus tard, il n'a pas envie de patienter si longtemps! Le bus arrive donc et il monte à l'intérieur.
Une fois dans le bus, il commence à penser à la dame. Non, il refuse de se sentir coupable: elle n'est ni blessée ni n'a été mise en danger, il a à peine touché son bras, s'est excusé platement quoique prestement, chose que celle-ci a ignoré en préférant se récrier. Elle ne tenait aucun poupon, n'a été incommodée que de manière très prompte et ponctuelle, et si elle l'est plus longtemps c'est qu'elle désire de tout son coeur haÏr celui qui lui a effleuré le bras durant sa course désespérée. Il n'y a pas de quoi en faire un drame.
Le bus est bloqué dans des embouteillages. Luminox pense aux embouteillages: comment les modéliser de la manière la plus correcte possible? assurément un modèle pressiométrique ne marcherait pas, les particules se déplacent dans tous les sens, contrairement aux voitures, qui montent dans un sens. Il pense donc à un modèle hydrolique, un système de sablier: après tout, il est nécessaire d'avoir une réduction de la zone de passage pour qu'il y ait un embouteillage, non? A ceci près que la pression augmente avec l'altitude, et qu'un embouteillage ne se résout pas plus vite avec la file des voitures bloquées derrière; il faudrait prendre un cas où la pression est négligeable, ce qui n'est guère intéressant. Et puis, un accident peut également provoquer un embouteillage, et on ne modélise pas un accident par de l'eau. Il renonce donc momentanément à trouver une modélisation correcte d'embouteillage, ne voyant pas de méthode qui fasse correspondre suffisamment le réel au modèle.
Une personne appelle derrière, lançant l'éternel "tu es où?", question rassurante mais inutile. Il se met donc à penser aux téléphones portables: quel est leur utilité? Il est évident de premier abord qu'ils ne servent à rien d'autre qu'à l'information et à la communication, ce qui veut dire à rien pour tous ceux qui ne s'en servent pas afin de donner des ordres. Certes, cela peut rassurer d'avoir un proche au téléphone, et nous donner des informations sur son état ponctuel, mais à quoi d'autre? Poussant très légèrement la réflexion, il se dit qu'ils ont une utilité dans le lien social, en le facilitant d'une part, en permettant un contrôle permanent de celui-ci - qui est la seule chose qu'un téléphone portable permet de maîtriser, n'aidant ni à maîtriser les événements, ni à les prévoir, simplement à en apprendre l'existence beaucoup plus tôt -, mais également en le diluant, en le rendant moins important, et en forçant, de ce fait, la nécessité de cet appareil. Il pense que le sujet est intéressant et qu'il devrait en parler dans son bjournal en rentrant le jour même.
Cinquante minutes passent.
Il arrive enfin chez lui, avec une demi-heure de plus de passées dans le bus que d'habitude pour un trajet de retour. Il trouve sa mère à la maison et décide une fois n'est pas coutume de discuter avec elle. Il lui raconte sa journée, elle lui raconte ses problèmes - la voiture s'est encore une fois détraquée, elle retourne au garage, avec des dépenses qui vont suivre, comme s'il n'y en avait pas déjà largement assez. Elle lui demande s'il a des amis garçons, ce à quoi il répond "mouais", et ainsi ils discutent de l'importance qu'il faut donner à avoir un ami du même sexe, qui permet une amitié sans tension amoureuse possible - chose qu'il a déjà expérimentée dans l'autre cas, sans que ce soit une règle - avant de décider d'aller acheter à manger au turc du coin, les vivres se limitant à un reste de pâtes de la veille, sans sauce.
Il commande donc la nourriture, et choisit de s'acheter également un paquet de cigarettes, parce qu'il n'a pas fumé depuis un mois, et qu'il trouve l'envie non pas irrésistible mais qu'il est simplement lassé d'avoir subi tant de choses inintéressantes dans une journée aussi joyeuse, et qu'avec ceci on lui a rappelé que cette journée était un point blanc sur une ligne noire, c'est-à-dire une rupture sans échapatoire, adimensionnelle et insignifiante. Alors il va chercher tout ceci, achète les cigarettes avec son argent personnel (la nourriture avec celui de sa mère), puis rentre, mange. Se flaque devant son écran.
Quatre heures passent.
Il décide d'écrire, enfin, et de travailler.
Deux heures passent.


