Il n'est pas nécessaire de dire que je me considère comme un nerd, aussi malheureux que soit ce vocable qui pourrait me faire passer pour un pédant au vu de cette première phrase. Cependant, en bon nerd qui n'est pas encore dépourvu de relations sociales (et pourtant j'y travaille ardûment), je m'intéresse à ce qu'on appelle communément les webcomics.

 

Alors un webcomic, c'est quoi? C'est comme une bande dessinée sur internet, donc généralement de qualité bien moindre que ce qu'on peut trouver dans le commerce côté dessin. Une des caractéristiques principales du webcomic en tant que genre c'est bien cette difficulté à trouver des webcomics de qualité. Dans les thèmes c'est aussi généralement relié à la culture geek d'internet (normal, il faut bien être un geek pour commencer quelque chose du genre) : jeux vidéos, jeux de rôles, univers fantasy/sci-fi. Il y a des webcomics qui sont orientés principalement sur les mathématiques, la physique, les sciences en général (et surtout les sciences dures). Mais on trouve des "exceptions", des webcomics sur des tranches de vie qui sont pas directement liées aux concepts geeks habituels, voire pas du tout, à part quelques marques... mais ça existe.

 

Alors j'ai pensé à cet article parce que j'ai découvert dernièrement le webcomic Questionable Content, qui est purement jouissif du point de vue de l'écriture, et dont le dessin devient assez vite supportable (au contraire de, par exemple, sluggy freelance, qui était purement horrible à observer au début (même s'il est lui aussi excellent).

 

QC commence un peu comme tous les webcomics, de façon obscure, avec des personnages pas encore développés, mais très vite on prend le rythme de vie du pauvre indie-boy Marten. Oui, pour une fois on n'entre pas dans le monde de deux mecs qui passent leur temps à jouer à des jeux, on a un mec qui est intéressé par la MUSIQUE, plus particulièrement par les groupes inconnus de tous, dont le seul lien avec la communauté geek est ses déboires amoureux et une pseudo-timidité... puis on découvre Faye, une jeune fille qui vient d'arriver dans le quartier et qui a pour intention de mener la vie dure à quiconque lui parle. Evidemment ils sympathisent, évidemment il y a ensuite quelque chose qui peut s'assimiler à des sentiments entre eux mais... on ne tombe jamais dans l'invraissemblable, tout a l'air parfaitement crédible. Et une fois n'est pas coutume, on ne peut pas classer les personnages féminins (qui deviennent légion par la suite) en deux catéfories qui se limitent à "gros seins/petits seins". Là, les filles ont des vraies personalités, ce ne sont pas les objets rêvés d'un adolescent, ni des parodies. C'est une autre chose à apprécier dans ce webcomic: sa maturité. Quels qu'aient étés les capacités esthétiques de l'auteur en matière de dessin au départ, au moins le script était déjà bon. Et une fois lu les 2159 strips parus à ce jour (il m'a fallu deux jours, classique de l'archive binger que je suis), je peux assurer que ça devient de mieux en mieux.

 

Il faut admettre que c'est un sacré tour de force de réaliser un webcomic comme celui-ci. J. Jacques, puisque c'est le nom de l'auteur, publie un trip par jour cinq jours par semaine, et à part certains strips "filler" et des fanarts d'autres auteurs de webcomic (entre autres: Zach Weiner, l'auteur de l'excellent Saturday Morning Breakfast Cereal), il ne s'est pas permi de pause. Et vu comme certains "fillers" sont riches, on se demande comment il fait. Il continue de publier quand il est à une convention. Ce type est bourrin. D'autant que réussir à trouver des idées toujours neuves encore maintenant, après 2000 strips, c'est pas pour les faibles. Il mérite donc du respect, ne serait-ce que pour sa ténacité, et sa ténacité, il la tire de son succès: vous aurez compris, c'est un excellent webcomic, allez le lire immédiatement!

 

(Ca faisait longtemps que j'avais pas trouvé de nouveau webcomic hilarant).

Mmmmh. Prochain article sur un autre webcomic je pense: Max Overacts. Que vous pouvez déjà mater ici, et qui, surprise! N'a aucun thème geek habituel. C'est aussi de l'or pur, c'est bien dessiné et dès le début, c'est drôle, ça lave le linge et ça prépare des sandwichs. Le rêve.